avril 2, 2020
Alexandros Papadiamandis

Alexandre Papadiamantis

Considéré dans son pays comme le grand prosateur classique des lettres grecques, Alexandre Papadiamantis (1851-1911) est l’auteur de quelques romans et surtout de près de cent-quatre-vingts nouvelles dont la plupart ont pour cadre Skiathos, son île natale. Solitaire bohème, écrivain décalé qui refusait l’intégration sociale et les modes littéraires, il a créé sous l’apparence d’une chronique de sa petite patrie une œuvre profondément symbolique, sensible au destin des égarés de la vie, de ceux pour qui « le droit chemin était perdu », écrit-il en citant l’Enfer de Dante. Choisissant ses sujets dans le microcosme d’une île de l’Egée ou d’un quartier d’Athènes, il ne se contente pas de donner à voir à son lecteur des « échantillons d’humanité » dans un contexte particulier, selon le canon réaliste qui prévalait à son époque, mais en extrait au contraire la matière de drames universels.

Antonis Samarakis

Antonis Samarakis

Antonis Samarakis est né à Athènes en 1919. Pendant des décennies, il a travaillé comme fonctionnaire au ministère du Travail, démissionnant temporairement pendant la dictature de Ioannis Metaxas (1936-1940), et pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été capturé par les nazis et étroitement échappé à la peine de mort. Il a publié sa première collection de nouvelles, Hope Wanted, en 1954, et sa collection I Refuse a remporté le prix d’État grec pour la nouvelle. Samarakis est devenu l’un des écrivains en prose grecs les plus célèbres de la seconde moitié du XXe siècle, avec son travail traduit en trente-trois langues. Il a reçu l’Ordre grec du Phénix et la Légion d’Honneur française. Il est décédé en 2003.

Constantin Cavàfis

Constantin Cavàfis (1863-1933), Grec d’Alexandrie, a mené dans sa ville natale une existence obscure entièrement vouée à la poésie. Petit employé dans un ministère, méconnu de son vivant, il n’a été réellement publié qu’après sa mort. Il n’a pas vu sa notoriété peu à peu grandir au point qu’il passe aujourd’hui, aux yeux des Grecs, pour le poète capital de son siècle, et que son oeuvre est désormais traduite et admirée dans le monde entier.

Konstantinos Theotokis, portrait

Constantin Théotokis

Né à Corfou dans une famille de l’aristocratie locale, Constantin Théotokis (1872-1923) introduisit le réalisme dans la prose grecque. Loin de donner une image idyllique de son île natale, ses nouvelles et ses romans évoquent la cruauté, la cupidité et les préjugés qui asservissent l’esprit et avilissent les sentiments de ses compatriotes.
Cette peinture sans complaisance est influencée par sa conversion aux idées socialistes, qu’il découvrit au cours de séjours en Allemagne. Mais cet écrivain érudit fut d’abord influencé par la littérature symboliste et décadente de son époque, une première veine à laquelle appartient la nouvelle Le peintre d’Aphrodite écrite en 1904.

George Seferis

Georges Séféris

Le poète Georges Séféris, né en 1900 à Smyrne (l’actuelle Izmir) en Asie Mineure, s’installe à Athènes pendant son adolescence. Après avoir accompli ses études à Paris et à Londres, il poursuit une carrière diplomatique, qui lui donne accès à des postes parmi les plus prestigieux et lui permet de faire plusieurs voyages dans le monde entier. Son œuvre comprend plusieurs recueils de poèmes, des essais, ainsi que des traductions d’auteurs étrangers et un roman. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1963. Il meurt à Athènes en 1971.

Georgios Vizyenos

Georges Vizyinos

Georges Vizyinos est né en 1849 près de Constantinople (Istanbul), dans l’Empire ottoman. Après une enfance marquée par les deuils et les privations, il trouve certains appuis qui lui permettent d’assouvir une part de ses ambitions : des maîtres l’encouragent à écrire, il remporte des concours littéraires, des mécènes financent son train de vie… Il vit à Chypre, à Athènes, séjourne en France, en Angleterre, étudie la psychologie et la philosophie en Allemagne, avant de revenir en Grèce, âgé de trente-cinq ans. Là, il va de désillusion en désillusion, tant sur les plans professionnel que financier ou sentimental. Il finit par se faire interner près d’Athènes dans un asile d’aliénés, où il meurt, à l’âge de quarante-sept ans.
S’il est tragique, ce destin connaît depuis deux décennies une vraie résurrection : l’heure de la reconnaissance a sonné. En Grèce et ailleurs, Vizyinos est enfin considéré comme un auteur de grand talent.

M. Karagatsis photo

M. Karagatsis

M. Karagatsis (1908-1960), de son vrai nom Dimitris Rodopoulos, auteur d’une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, s’est durablement imposé dans son pays comme un écrivain populaire dont certaines œuvres ont été adaptées à l’écran. Il fait partie de cette « génération des années 30 » qui a voulu renouveler le roman grec moderne et en orienter les sujets vers la peinture de la société urbaine contemporaine. Il se fait d’abord connaître par trois premiers romans dont le personnage principal est un étranger confronté à sa difficile acclimatation en Grèce : un Russe dans Le colonel Liapkine (1933), une Française dans La grande chimère (1936), un Finlandais dans Junkerman (1938), avant d’expérimenter, dans l’après-guerre, des formes romanesques très diverses qui échappent à cette première veine et qui font de lui un écrivain inventif et novateur.

Yannis Ritsos

Le poète grec Yannis Ritsos est né à Monemvassia en 1909, et a contracté la tuberculose à l’âge de 17 ans. Durant son séjour à l’hôpital, il a découvert le marxisme, courant idéologique qui a profon­dément marqué sa vie. Il a été contraint à l’exil pour de nombreuses années, d’abord à la fin de la guerre civile (1946-49) puis durant la dictature des colonels (1967-74). Yannis Ritsos a laissé derrière lui une oeuvre littéraire considérable. Sa poésie a été interdite et plusieurs de ses ouvrages ont été détruits, mais il a par la suite été honoré et a reçu de nombreux prix, parmi lesquels le prix national de poésie et le prix Lénine. Il est mort en 1990.